Molière face aux tatouages

Molière et les tatouages, ligne D

Une petite dame très âgée entre dans le tram, un Molière à la main. Un jeune assis en entrant ne lui laisse pas la place. Elle lui touche le tatouage du bras avec son livre, et toute fragiloute sur ses deux jambes, elle s’avance en riant…

Rieuse

Je me suis poussé et un jeune-homme plus gentil lui a laissé son siège. Elle, elle riait.

– C’est dingue ! je lui dis.

Elle me regarde.

– Quoi ?

– De ne pas vous laisser la place.

– Ah ! Ah ! Je lui souhaite bien du courage, vous savez.

– Ah bon ? Comment ça ?

– Voyez-vous, la seule chose qui tienne la route, c’est ça.

Molière

Elle me montre son vieux livre aux pages gonflées d’avoir été feuilletées.

– Un livre ?

– Molière. Molière, c’est toujours actuel. Pas une ride. Pas comme moi !

C’était une vieille édition du Misanthrope.

– Bin moi, ça m’ennuie un peu tous ces trucs de théâtre.

(Natacha m’ayant amené au théâtre (et aussi à l’opéra) il y a peu. Mais c’est une autre histoire…)

– Molière, si c’est joué, et pas juste récité, ça marche toujours.

– Ah bon ? Je n’y connais pas grand-chose en fait…

– Pas besoin de s’y connaître. Lisez, écoutez, regardez du Molière, ça maintient jeune.

– Je vais suivre votre conseil alors!

Elle a ajouté, en montrant le tatoué :

– Alors que lui, le jour où la mode des tatouages sera ringarde, je lui souhaite bon courage !

Et j’ai compris son rire. Il était tatoué partout, jusqu’au cou!

En cherchant du Molière, j’ai trouvé ça :

Et aussi un bel extrait inspiré du Misanthrope. Alors : joué ou récité ?