Verres miroir à Peixotto

Le tram et la plage, c’est un peu pareil. Tu ne mets pas ta serviette juste à côté de quelqu’un s’il y a de la place ailleurs. Alors, quand le type s’est assis pile en face, à Peixotto, dans la rame vide (23H30, mercredi), ça m’a fait plus que bizarre.

Un chat prêt à bondir

Il portait des lunettes de soleil miroir. Impossible de voir et même de deviner ses yeux. Mais il me fixait, c’était clair qu’il me fixait. J’ai fait un début de tentative de mini commencement de sourire comme si je venais de penser à un truc intéressant mais le type n’a pas bronché, ni détourné le regard, ni regardé par la fenêtre, ni rien fait d’autre que continuer à me fixer. Il était totalement immobile, comme un chat prêt à bondir.

Figé

Je ne suis pas du genre à avoir peur comme ça mais si j’avais pu être transparent comme l’autre jour… Je me suis mis à regarder mon téléphone. Mais j’ai eu le malheur de voir que sa main était serrée à mort contre sa jambe. Et d’un seul coup, un doigt a jailli hors de son poing. Je ne sais pas si j’ai sursauté. Je ne crois pas, mais j’ai pensé à changer de place, et je n’y arrivais pas. J’étais figé. Scotché. Je n’osais rien faire. Et le type me fixait toujours. Alors, à un arrêt, juste avant que le tram ne redémarre, je me suis levé et je suis vite sorti sans me retourner. Je marche un peu. Je me retourne. Le quai désert. Ouf !

St Genès. Pas du tout ma station, ça !

5 thoughts on “Verres miroir à Peixotto

Laisser un commentaire